Quand l’Inde donne une seconde vie aux sacs à usage unique….

Christophe Environnement
Un enfant indien nageant dans une marre de sacs plastiques

Seconde vie pour les sacs à usage unique

 

Entre l’interdiction des sacs à usage unique et leur recyclage, les populations voient naître des leviers d’action pour agir en faveur de l’environnement. Les sacs plastiques constituent un réel fléau au niveau mondial : les sols recouverts de sacs à usage unique, les branches des arbres décorées de sacs et non de feuilles ou de fleurs, les animaux qui s’étouffent avec le plastique, les eaux polluées et tant d’autres exemples visibles quotidiennement sont autant de preuves que nous devons agir. En Inde, l’expérience en la matière des populations est l’une des plus marquante de par les innovations qui font réellement émerger les enjeux du développement durable.

En 2009, Monsieur Achim Steiner, le directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement, annonçait que « les sacs en plastique à usage unique doivent être interdits ou supprimés rapidement partout. » Cette annonce a suscité l’intérêt d’une grande majorité qui commençait à réaliser l’ampleur des dégâts et l’importance d’agir ensemble. Ainsi, de nos jours, l’interdiction des sacs se répand au niveau mondial suite à une prise de conscience massive des différents impacts et enjeux pour l’environnement. L’empreinte écologique s’est significativement alourdie au cours des dernières décennies et aujourd’hui il s’agit donc de réorienter les modes de vies et de consommations pour un monde durable. En effet, les mesures d’interdictions et de taxations se multiplient à l’échelle mondiale

Ces mesures ont été initiées en 1994 par le Danemark qui a instauré un système de taxation pour les sacs à usage unique en plastique et en papier. Ensuite, au cours de l’année 2002, le Bangladesh a établi la stricte interdiction de l’usage des sacs plastiques et en les Irlandais ont vu leur consommation de sacs à usage unique baisser suite à l’imposition d’une taxe de 15 centimes par unité. Ce phénomène n’échappe pas aux pays développés ni aux pays en développement qui prennent tout autant à cœur les différents enjeux et ne reculent pas devant l’ampleur de ces changements tant au niveau économique que social. En effet, ils ont conscience du fait que cette pollution touche tout le monde et que nous devons tous agir ensemble. Cette prise de conscience au niveau mondial permet d’intensifier les efforts et d’avoir des résultats plus rapidement. Par exemple, le cas de l’Inde peut illustrer cette démarche qui a changé le quotidien des populations pour les orienter vers un monde durable. Afin de soutenir le développement durable, la capitale indienne, Delhi vient également d’interdire les sacs plastiques à usage unique, de la même façon que la France. Cette mesure devenait urgente pour le pays car 60% des plastiques présents dans l’océan sont d’origine indienne. Cependant, l’application ne se concrétise pas comme les autorités pouvaient l’espérer malgré le dispositif d’amendement envisagé. Effectivement, les marchands de rue ne semblent pas informés ! Ce phénomène était prévisible d’autant plus que, selon les dires de Michel Loubry, représentant de PlasticsEurope : « ces mesures d’interdiction ne sont souvent que de la poudre aux yeux, car elles ne sont jamais appliquées. »

Pour contrer les difficultés rencontrées dans le cadre de la mise en place de cette interdiction, d’autres pistes sont alors envisagées pour lutter contre la pollution. L’innovation est à l’honneur en Inde ! Plusieurs exemples émergent au fil du temps comme la mise au point d’un procédé de transformation des sacs en plastique en carburant par une société de Bombay dénommée STEPS (Sustainable Technologies and Envirnomental Projects). Cette méthode de recyclage plastique brevetée permet de transformer sacs en plastique, caoutchouc ou autres déchets organiques en diesel, gaz et carbone. Cette activité est également le succès de la startup Neogi Technologies qui a réussi à extraire un litre de carburant d’un kg de déchets plastiques. Cette production permet donc d’ajouter une nouvelle source d’énergie renouvelable à la liste déjà existante. Et, bien évidemment, cette innovation n’échappe pas au reste du monde et notamment l’Europe qui s’empresse de passer commande.

D’autre part, l’Inde a fait parler d’elle suite à la création de routes en plastique. Cet exploit a été initié par l’ingénieur Rajagopalan Vasudevan surnommée Plasticman. En effet, ce professeur a mis un point une recette avec des dosages bien précis et voit donc en tous les amas de déchets plastiques des montagnes de ressources pour l’activité humaine. Une autre invention tout autant surprenante est celle de l’entrepreneur indien Narayana Peesapaty qui a mis au point des couverts comestibles pour lutter contre le plastique. A commencer par les cuillères, l’activité prévoit de s’étendre à toute la vaisselle ainsi qu’aux objets de table. Toutes ces innovations sont des moteurs pour l’économie du pays qui voit son nombre de travailleur augmenter ainsi que son PIB.

L’Inde a su se démarquer par son esprit créatif et son engagement dans la lutte contre le plastique. Cet exemple doit influencer nos comportements et nos habitudes au quotidien. Chaque petite action épargne un peu plus l’environnement et les sacs bio dégradables sont un des premiers réflexes faciles à adopter. A vous de jouer !

http://www.novethic.fr/empreinte-terre/economie-circulaire/isr-rse/l-inde-pepiniere-de-green-tech-141895.html

https://vahinala.wordpress.com/2012/06/11/les-sacs-plastiques-un-vrai-fleau/

https://radiovl.fr/linde-interdit-plastique-capitale/

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/03/l-interdiction-des-sacs-en-plastique-se-mondialise_1812467_3244.html

http://geopolis.francetvinfo.fr/inde-des-sacs-plastique-utilises-pour-le-revetement-des-routes-127065

http://www.objetconnecte.net/routes-en-plastique-inde-1103/

http://www.ladepeche.fr/article/2017/03/13/2534759-des-sacs-made-in-tarn.html

http://citizenpost.fr/2016/03/inde-couverts-comestibles-a-conquete-monde/